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Rôle des bénéficiaires de la microfinance / services des EMF

C- Le rôle des usagers
Comment éviter que les couches pauvres de la population, principaux bénéficiaires de la microfinance n’en deviennent aussi les fossoyeurs ? La question ne manque pas d’interêt au régard de l’importance des impayés dans les crédits accordés par les EMF initiés par les nationaux. Profitant de l’inexistence d’une centrale de risques et de tout système d’échange d’informations entre les EMF, de nombreux usagers s’endettent simultanément auprès de plusieurs établissements pour le même objet et ont du mal par la suite à honorer les remboursements. D’autres usagers, déjà bénéficiaires de crédits bancaires n’hésitent pas à recourir aux EMF pour faire face aux échéances bancaires dont ils redoutent l’action contentieuse plus que celle des EMF peu outillés en la matière. Nous avons par ailleurs démontré ci-haut que la pratique directe de la microfinance par les bailleurs de fonds ou par les ONG est un facteur d’accroissement des impayés dans les EMF des nationaux. L’obtention d’un crédit auprès des EMF ne réussit pas à vaincre le reflexe de thésaurisation chez de nombreux usagers qui ne versent que le strict nécessaire au remboursement du crédit, le reste de leurs revenus continuant à échapper au circuit formel. Le souvenir de la crise bancaire et de la défaillance de certains établissements de microfinance accentue cette pratique qui ne facilite pas la reconstitution des fonds de l’EMF et limite sa capacité d’intervention.

Il serait cependant illusoire de penser que les usagers de la microfinance vont s’astreindre à la discipline financière sous le simple effet des injonctions et autres rappels à l’ordre. L’action des organismes d’aide au développement et de l’Etat sous forme de renforcement des infrastructures mentales (information, éducation) reste décisive pour y arriver. On appréciera à ce propos l’initiative de certains bailleurs de fonds qui ont inséré dans leurs objectifs l’assimilation d’une logique de crédit remboursable par les entreprises bénéficiaires. C’est le cas de l’AFD avec le projet ACEP qui valorise d’ailleurs l’épargne dans sa deuxième phase en en faisant une condition obligatoire d’obtention de tout prêt. (Voir encadré 11 : le projet ACEP-Cameroun).

Encadré 11: Le CGAP et le CAPAF

Le  » Consultative Group to Assist the Poorest  » (CGAP) est créé sous l’instigation de la Banque Mondiale suite à un accord entre les grands bailleurs de fonds lors d’une conférence sur la faim en 1993. Le CGAP qui compte 26 membres aujourd’hui a pour objectif de renforcer la coordination entre les bailleurs de fonds en matière de microfinance, d’assainir l’environnement et de promouvoir les meilleures pratiques auprès des responsables politiques et des opérateurs des institutions de microfinance. C’est ainsi qu’il a mis au point un système d’information de gestion modulable en fonction de la taille et des objectifs de chaque institution de microfinance (IMF). Le fonds central du CGAP est alimenté par la Banque Mondiale et les bailleurs de fonds à hauteur de 30 milliards de dollars US.

Le Programme de Renforcement des Capacités en Microfinance pour l’Afrique Francophone (CAPAF) est une initiative conjointe du CGAP et du ministère français des affaires étrangères lancée en janvier 2000 pour une durée initiale de 4 ans. Son objectif est le renforcement des capacités des prestataires privés nationaux des services de formation et d’assistance technique aux IMF à travers :

- l’identification et le renforcement des formateurs nationaux par le biais des sessions de formation de formateurs
- la coordination des formations dispensées par les partenaires nationaux
- la coordination de l’assistance technique apportée aux IMF par les divers acteurs locaux
- la collecte et la diffusion de l’information sur les meilleures pratiques internationales et locales.

Source: Ledgerwood (1999) et site CAPAF (http:www.capaf.org/index_activ.html.)

Encadré 12 : Le projet ACEP- Cameroun

L’Agence de Crédit pour l’Entreprise Privée du Cameroun (ACEP- Cameroun) est un projet conçu par le gouvernement camerounais en vue du financement des très petites entreprises urbaines. Les activités démarrent en 1999 avec l’appui financier de l’Agence Française pour le Développement (AFD) à hauteur de 1,6 milliard FCFA et de l’Union Européenne à hauteur de 600 millions FCFA. Le projet est localisé dans les villes de Douala et Yaoundé et il est prévu dans sa deuxième phase de l’étendre aux autres centres urbains. Les prêts sont accordés avec des formalités réduites à des secteurs d’activités variées, n’ayant pas accès aux banques : vendeurs de beignets, revendeurs de vivres (bayam salam), menuisiers, tailleurs, transporteurs, cordonniers, artisans etc… le leitmotiv étant d’inculquer aux usagers la notion de prêt remboursable. Les ingrédients mis en place à cet effet sont :

- le développement des relations de proximité avec les usagers à travers la multiplication des bureaux dans les villes couvertes et les fréquentes visites aux affaires financées, surtout en cas d’impayé

- une sévère sélectivité dans le choix des affaires à financer, caractérisée par sa restriction aux affaires ayant une existence physique réelle et une ancienneté prouvée d’au moins un an. La production d’un avaliste est obligatoire.

- une politique d’incrémentation des prêts (accroissement du montant des crédits en récompense de la régularité de remboursement des crédits précédents).

Le taux d’intérêt de 16,33% l’an est aisément accepté par la clientèle et à la fin de la première phase (30 août 2005), le projet a accordé un total de 12,3 milliards de prêts pour 12 820 dossiers repartis entre 33% de femmes et 67% d’hommes avec un taux d’impayés inférieur à 5%.

La deuxième phase qui a commencé en septembre 2005 consacre la transformation du projet en société anonyme contrôlée par une banque commerciale (la BICEC) qui assurait déjà le service de caisse dans la première phase. Elle détient 35 % du capital, des investisseurs privés se partageant le reste. Le plan de route de cette phase prévoit l’extension du programme aux autres villes grâce à l’ouverture d’une agence ACEP à côté de chaque agence BICEC qui en compte 27 actuellement réparties dans 21 villes. Il est également question de développer le réflexe de l’épargne chez les usagers en assortissant dorénavant chaque prêt d’une épargne obligatoire sous forme de dépôt de garantie rémunéré.

Source : ACEP –Cameroun

Il apparaît en définitive que les efforts à déployer pour rendre la microfinance plus rassurante et améliorer ses rélations avec la banque est un vaste programme qui ne peut aboutir qu’avec la participation de toutes les parties prenantes de l’intermédiation financière, même si l’état y a logiquement une bonne part. Nombre d’actions déjà ménées sont hautement positives et on ne saurait éluder la bonification de l’image de la microfinance qui en a résulté au cours des dernières années. Mais il est impératif de continuer les réforme s dans des meilleures conditions de coordination des énergies afin que la croissance du secteur le soit non seulement en quantité mais aussi en qualité. Car en fait, pour être performante, les économies de la CEMAC ont un impérieux besoin d’un système d’intermédiation financière qui prenne en compte toutes les catégories de la population. Nous avons en effet démontré que le secteur bancaire, restructuré au prix de lourds sacrifices financiers, politiques et humains a, pour des raisons essentiellement sécuritaires, restreint sa zone d’intervention aux seules sphères supérieures de l’économie malgré la trésorérie pléthorique qu’elle génère dorénavant. Son implication est par ailleurs très faible dans la régulation des transactions sociales. Il est à craindre que ce manque d’ambition ne mette davantage la zone CEMAC à la traîne du phénomène de mondialisation dans lequel le système financier joue un rôle de premier ordre. Une nouvelle restructuration bancaire apparaît comme un impératif et une urgence pour mettre les objectifs de la banque au diapason des besoins de la société.

Le secteur de la microfinance dispose de nombreux atouts pour permettre de parer aux carences de l’intermédiation bancaire. Le plus important est sans contexte la proximité entre les fondements de cette formule financière et les caractérisiques des besoins de la plus grande partie de la population qui appartient à la classe des pauvres. L’ingéniosité des employés du secteur de la microfinance, anciens employés de banque pour la plupart, est renforcée par le soutien des pouvoirs publics et des bailleurs de fonds qui veulent en faire l’instrument privilégié de la lutte contre la pauvrété. Mais les résultats restent très largement en dessous des attentes à cause des nombreuses faiblesses structurelles dont souffre ce secteur. Cette inefficience des deux composantes du système officiel d’intermédiation financière de la CEMAC est aggravée par la qualité de leurs relations. Au lieu de la logique de complementarité qui devrait sous-tendre leur action et conferer plus d’efficacité à leur mission, elles développent plutôt un mécanisme d’exclusion mutuelle qui se nourrit de plusieurs justifications. La plus couramment avancée est la faible capacité humaine, technique et matérielle du secteur de la microfinance qui provoque la méfiance du secteur bancaire, d’où l’absolue nécessité d’améliorer la lisibilité de la microfinance et de faciliter la convergence entre elle et la banque. L’action concertée de tous les acteurs devrait permettre à cette formule financière d’exprimer la pleine mésure de son potentiel et de completer l’action des banques dans les sphères où celle-ci est absente.

CONCLUSION GENERALE

L’objectif de cette étude était de déterminer lequel des secteurs de la microfinance ou de la banque est le mode d’intermédiation financière idoine pour les économies de la CEMAC. Au terme de nos analyses, il s’avère indispensable d’aller au-delà de ce simple problème de choix entre deux activités complémentaires par vocation pour nous préoccuper de l’ensemble du système financier de cette zone. En effet, quel que soit l’option choisie, le mécanisme d’intermédiation financière ne sera efficace que dans le cadre d’un environnement financier sain et compétitif. Ceci est un impératif pour la mobilisation massive de l’épargne intérieure dans les PVD et par conséquent pour la réduction de leur dépendance par rapport aux financements extérieurs. Ces considérations confèrent à notre conclusion la double responsabilité de prendre clairement position sur l’opportunité de coexistence des deux activités dans la zone CEMAC et d’aviver l’attention sur la nécessité d’accélération des réforme s du système financier.

a) Banque ou EMF en zone CEMAC : un faux débat

L’analyse des prestations des établissements bancaires dans la zone CEMAC depuis la réforme a conforté notre scepticisme quant au succès de cette opération. La restructuration a essentiellement visé l’amélioration des mécanismes de recouvrement des créances, la rentabilité et la liquidité de l’activité bancaire. Le renforcement de la réglementation et de la surveillance a permis de ramener la confiance des usagers à l’endroit des établissements bancaires et le marché s’est élargi avec l’ouverture de nouveaux établissements étrangers et nationaux. Mais la fonction d’intermédiation financière a pâti du durcissement des conditions de crédit et de la mauvaise expansion financière (1) (Mathis, 1992 et Lenoir, 1997). La restriction de la concurrence provoquée par la segmentation du marché entre banques étrangères et banques nationales, entre grandes entreprises et petites et moyennes entreprises contribuent à plomber l’action des banques. Le financement des investissements, les crédits aux PME et au secteur rural sont les principales victimes de ce dérèglement.

Si les banques justifient à juste titre leur frilosité par le souvenir de la crise et par la mauvaise lisibilité des entreprises locales notamment les PME, il n’en reste pas moins vrai que le système productif ne peut que se gripper en l’absence de financements réguliers et appropriés. La situation est d’autant plus cruciale que le financement par les marchés ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices avec les errements des bourses de valeurs régionales en gestation prolongée. Une réflexion est nécessaire pour réconcilier les objectifs de la banque avec les besoins et les capacités de la société. Il y va de la survie de l’économie mais aussi de celle des banques qui ne peuvent durablement fonctionner en divorce avec la majorité de la population.

La microfinance peut contribuer à atténuer les critiques qui s’adressent à la banque en étant la courroie de transmission entre sa trésorerie pléthorique et les usagers du secteur informel et les PME. Ce faisant, la microfinance apparaît comme l’instrument adéquat pour résorber la fracture sociale qui caractérise les économies sous-développées. Cette formule financière est peut-être une solution de survie et non une solution de développement comme ne manquent pas de le répéter ses nombreux détracteurs, et qui pour cette raison, pensent qu’elle ne mérite pas qu’on s’en préoccupe outre mesure. Leur conviction est renforcée par les nombreuses insuffisances structurelles que présente la microfinance. Mais à qui s’adresse ce développement si ce n’est à ces millions de pauvres qu’il faut nourrir, soigner et éduquer avant de les «  développer  » ? Peut-on parler de développement si la majorité de la population est exclue du circuit économique officiel et avec elle une bonne partie de l’épargne nationale ?

Cette inquiétude nous ramène au problème du dualisme économico-financier des PVD où un secteur formel faible en nombre, mais contrôlant l’essentiel des richesses cohabite sans collaborer avec un secteur informel surpeuplé. Ici encore, la microfinance peut jouer un rôle décisif, en étant outillée pour servir de tampon entre le secteur formel et le secteur informel. En réalité, « la microfinance doit être considérée comme un moyen prometteur d’articulation et d’intégration des deux secteurs de par son rôle d’offre de services financiers à la petite clientèle et de par sa ressemblance aux mécanismes informels de solidarité » (Germidis, 1991). A ce titre, elle peut permettre de mieux quadriller les couches non structurées de la population en matière de mobilisation de l’épargne intérieure. L’émulation en faveur des groupes de tontine est la meilleure preuve de l’existence de cette épargne (Gasse Helio, 2003) qui ne sert malheureusement pas au développement, les tontines prêtant essentiellement à court terme (Gautrand, 1987). La microfinance, grâce à ses excellentes relations avec la tontine a le devoir et la capacité d’amener cette épargne vers le secteur formel. L’intermédiation sociale pratiquée par les EMF est un excellent moyen de sortir l’économie rurale du maquis de l’informel et de faciliter ses relations avec le secteur formel lorsque par exemple ils assistent les micro entrepreneurs dans les démarches administratives ou lorsqu’ils les branchent sur les circuits commerciaux formels.

De fait, l’activité bancaire se caractérise par sa résistance aux innovations qui l’empêche de s’adapter aux changements conjoncturels tels la crise, l’inflation ou la prospérité. Par contre, la microfinance, obligée de se battre quotidiennement pour sa survie fait preuve d’une grande créativité qui lui permet de proposer des solutions à la carte à toutes les couches de la population. Elle participe de cette manière aux politiques directes de réduction de la pauvreté, à propos desquelles Brasseul (1989) souligne qu’elles sont favorables à la croissance en augmentant la productivité (effet de « trickle-up » ou réaction vers le haut). Pour toutes ces raisons, la microfinance ne peut pas être considérée comme un simple appoint à l’activité bancaire mais plutôt comme un maillon essentiel de l’édifice financier des pays de la CEMAC. A contrario, elle ne peut prétendre se substituer totalement à la banque commerciale qui a seule la capacité, la technicité et le rayonnement nécessaires pour certaines opérations d’envergure ou spécialisées.

Au total, la banque et la microfinance sont toutes deux nécessaires et indispensables au bon déroulement de l’activité économique dans la zone CEMAC. Toutefois, elles ne pourront jouer efficacement leur rôle d’intermédiaires financiers, déclencheurs et accompagnateurs du développement que dans le cadre d’une étroite intégration des objectifs et des moyens. Cependant, la conflictualité de leurs relations est une sérieuse entrave à l’accomplissement de leur mission comme notre analyse vient de le démontrer. La précarité de la microfinance, en la rendant répulsive à la banque est la principale cause de cette opposition. Mais il y a lieu de se rassurer quant à une normalisation future des rapports entre les deux activités lorsqu’on observe l’importance accordée par toutes les banques commerciales aux EMF de grande envergure. Ceci témoigne d’un mouvement de convergence lent et irrégulier sans doute, mais inexorable et irréversible entre les deux secteurs. Il y a là la preuve de la sensibilité des banques aux efforts de performance des EMF et par conséquent une invite à cet effort. Les pouvoirs publics et les bailleurs de fonds sont interpellés pour favoriser l’accélération du mouvement en aidant la microfinance à mieux se structurer afin d’être plus rassurante pour la banque. C’est ici le lieu d’inviter la coopération monétaire de la CEMAC à faire preuve de la même rigueur qui l’a distinguée lors de la restructuration bancaire et qui a abouti à la mise en place d’un mécanisme efficace de surveillance et de régulation de l’activité bancaire matérialisée par la COBAC. Cette coopération monétaire doit se faire ressentir dans l’encadrement de la microfinance dont une croissance désordonnée ne peut qu’être porteuse de risque pour l’ensemble du système financier de la zone. On déplorera à ce titre l’énorme retard dans la mise en place des mécanismes d’encadrement du secteur dans les autres pays de la CEMAC et les imperfections observées au Cameroun.

Quoiqu’il en soit, l’engagement des deux acteurs clé de l’intermédiation financière officielle en faveur de la synergie de leurs actions reste déterminant, voire obligatoire. La banque parce qu’elle a ainsi une occasion exceptionnelle de se mettre véritablement au service du système productif local, la microfinance parce qu’elle n’a pas le droit de décevoir les espoirs qu’elle a suscités en matière de lutte contre la pauvreté et parce qu’elle doit rentabiliser tous les investissements financiers et institutionnels dont elle fait l’objet à ce titre.

b) Banque et microfinance dans un environnement financier compétitif

La réconciliation entre la banque et la microfinance étant ainsi acquise, il restera à parachever l’assainissement de l’environnement du système d’intermédiation financière. En d’autres termes, le mécanisme de collecte des ressources et de distribution des crédits ne pourra atteindre sa plénitude que dans un système financier qui a résolu toutes ses contradictions.

A ce propos, l’insuffisance des établissements de crédit-bail et des sociétés de capital-risque, la fermeture sans solution de substitution des structures de financement spécifique de l’agriculture sont autant de vides criards qu’il faut combler pour permettre aux économies de la CEMAC de mieux profiter de leurs atouts. On n’insistera jamais assez sur la nécessité d’accompagner l’action des banques et des COOPEC par celle des structures de financement des PME, comme c’est déjà le cas pour les pays de la CEDEAO toujours en avance sur la CEMAC en matière d’innovations financières (2).

Les Etats doivent impérativement éviter d’écorner la confiance restaurée des populations envers le système financier par des situations du genre de l’actuelle crise de paiement de la Caisse d’Epargne Postale Camerounaise à laquelle il convient de trouver rapidement une véritable solution au lieu des palliatifs adoptés jusqu’à présent. Nous recommandons d’ailleurs très vivement la professionnalisation des structures financières postales qui devraient évoluer vers l’intermédiation financière complète si elles veulent rester compétitives (3).

S’agissant de l’intégration régionale, la recommandation de Njiendeu (1989) de créer dans les banques des départements s’occupant exclusivement du financement des échanges intra-communautaires semble difficilement réalisable dans le contexte actuel. En effet, l’Etat devenu minoritaire dans l’actionnariat des banques ne peut plus intervenir dans leur structuration qui s’organise uniquement en fonction de leurs intérêts. La réussite de l’intégration des pays de la CEMAC ne faisant pas partie des priorités d’un secteur contrôlé par les banques à dominance étrangère, il revient aux Etats d’explorer avec soin les autres pistes pouvant favoriser leur rapprochement. A ce titre, la BEAC devrait jouer à fond son rôle de structure de compensation régionale et un appui spécial devrait être accordé aux EMF qui s’investissent dans l’accompagnement de la commercialisation des produits agricoles entre les pays de la zone.

Enfin, les Etats de la CEMAC doivent répondre au défi de la modernité en levant les blocages qui empêchent le démarrage effectif de leurs marchés financiers. Ils doivent en même temps avoir conscience de ce que l’espace économique de la CEMAC est trop étroit pour le fonctionnement de deux bourses de valeurs mobilières concurrentes (Mbouombouo Ndam, 2003). Seule une satellisation de l’une par l’autre permettrait un fonctionnement efficace en faveur de l’économie de toute la zone. L’intermédiation directe par la banque et la microfinance serait alors complétée par l’intermédiation indirecte (4) du marché financier beaucoup plus outillée pour le développement.

A terme, les pays de la CEMAC doivent résoudre le problème du choix contraint résultant de l’appartenance à la zone euro ( Pelletier, 1999) et se déterminer clairement par rapport au maintien ou à la rupture des liens entre les deux monnaies. Nous avons vu que la répression financière externe tenant à la politique monétaire sous contrainte extérieure (Tchuidjang Pouemi, 1980) était une des causes de la déconfiture des banques. Dongmo Tsakem (2003) rappelle les enjeux de l’une ou l’autre position. Il y a d’un côté, l’illusion d’appartenir à une zone monétaire forte dont on partage toutes les contraintes sans profiter de tous les avantages. Ici, le parapluie de la métropole qui amortit les fluctuations du cours de la monnaie a pour corollaire la cession de la politique monétaire et en définitive de la politique économique (Tchuidjang Pouemi, 1980). De l’autre côté, il y a la satisfaction d’orienter soi- même sa politique monétaire et d’intégrer les données mondiales en fonction de ses propres convenances. Mais il ne faut pas dans ce cas perdre de vue les incertitudes qu’engendrerait la rupture des liens, les risques monétaires s’ajoutant dorénavant aux autres risques de l’activité économique déjà très nombreux dans les PED. Les errements du naira nigérian, du cédi ghanéen ou du zaïre congolais militent en faveur des conservateurs. Mais faudrait-il pour autant rester des éternels « mineurs monétaires » ? Ces exemples ne devraient-ils pas plutôt contraindre les pays de la CEMAC à accompagner leur émancipation par plus de pugnacité dans le management de leurs économies ?

TABLE DE MATIERES
INTRODUCTION GENERALE
IERE PARTIE : RESTRUCTURATION BANCAIRE ET INTERMEDIATION FINANCIERE: ANALYSE BILANTIELLE
Chap1: Evaluation de l’intermédiation bancaire à l’aune de la restructuration
Crise et restructuration bancaires
* les causes de la crise
* la restructuration bancaire
Echec de l’intermédiation bancaire
* La banque et financement de l’économie
* La banque et ses autres missions
* Le fiasco annoncé des bourses des valeurs
Chap2 : La révolution microfinancière au Cameroun
Panorama de la microfinance au Cameroun
* Les origines mondiales de la microfinance
* Avènement et expansion de la microfinance au Cameroun
* Organisation du secteur de la microfinance au Cameroun Cameroun
Les atouts de la microfinance
* L’assise culturelle de la microfinance
* La sollicitude des pouvoirs publics et des organismes d’aide
* Le mode opératoire des EMF
Evaluation de l’intermédiation microfinancière
* L’intermédiation sociale par les EMF
* L’intermédiation financière par les EMF
IIEME PARTIE : BANQUES OU ETABLISSEMENTS DE MICROFINANCE : LE CHOIX EST-IL POSSIBLE?
Chap3 : Analyse de la relation banque/microfinance au Cameroun
Logique et réalité de la relation banques/microfinance au Cameroun
* Une vocation de complémentarité
* Une réalité conflictuelle
Causes du conflit banques/EMF au Cameroun
* Les faiblesses de la microfinance
* Les autres motifs des banques
Conséquences du conflit
* Accentuation du dualisme financier * Handicap au développement économique
* Distorsions sectorielles et géographiques
* Perturbation des politiques économiques et monétaires
* Menaces pour le bon fonctionnement des bourses de valeurs
chap4 : Les sentiers de la convergence
Le rôle de la profession
* Le rôle de la banque
* Le rôle de la microfinance
Le rôle des divers partenaires
* Le rôle de l’état
* Le rôle de la banque centrale et de la COBAC
* Le rôle des organismes d’aide au développement
Le rôle des usagers
Conclusion générale
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ANNEXES
Annexe 1 : Note de l’APECAM décommandant les ouvertures de compte aux COOPEC
Annexe 2 : Les principaux ratios de la microfinance
Annexe 4 : les principaux ratios de la microfinance

INTITULE ET DESCRIPTION DU RATIO OBJECTIFS VISES NORME FIXEE
1- FONDS DE SOLIDARITEconstitué par des prélèvements équitables sur les apports en numéraires Couverture des éventuels déficits d’exploitation 40% du capital effectif après imputation des déficits de l’exploitation
2- RESERVE OBLIGATOIREprélevé sur les bénéfices à affecter Renforcer le potentiel d’autofinancement - EMF de 1ère catégorie : 15% des bénéfices- EMF de 2ème catégorie : 15% des bénéfices à affecter
3-RATIO DE COUVERTURE DES RISQUESFonds propres nets

Total des crédits et autres engagements*

*tels les engagements par signature, les créances douteuses ou les créances immobilisées sur les correspondants°

° net des provisions

Assurer une couverture minimale des crédits par les fonds propres Au moins égal à10%
4- QUOTA DES OPERATIONS AUTORISEES A TITRE ACCESSOIRETotal des opérations accessoires

Produit d’exploitation

Eviter que des sociétés purement commerciales ne se cachent derrière le label « microfinance » Au plus égal à 20%
5- RATIO DE DIVISION DES RISQUESa) Fonds propres nets

Crédit à un même bénéficiaire*

*ou des bénéficiaires présentant une étroite relation d’interdépendance financière

b) total des gros risques*

fonds propres nets

* ensemble des clients présentant chacun des risques supérieurs à 10% des fonds propres nets

Eviter une trop grande concentration de crédits sur quelques gros clients a) – EMF de 1ère catégorie : 15% au plus- EMF de 2ème catégorie : 25% au plus

b) inférieur ou égal à 8 (EMF de 1ère et 2ème catégorie seulement)

6-COUVERTURE DES IMMOBILISATIONSa) ressources permanentes

total des immobilisations corporelles

b) financement des immobilisations par des emprunts

Fonds propres nets

Les immobilisations sont financées par les ressources permanentes dans lesquelles les fonds propres tiennent une bonne part Le 1er ratio doit être égal à 100% au minimumLe 2ème ratio doit être égal à 50% au plus
7- ENGAGEMENTS EN FAVEUR DE NOUS-MEMES*Total des crédits en faveur de nous-mêmes

Fonds propres nets

* Personnel, élus et assimilés

Eviter que le staff et les élus ne s’approprient les dépôts des autres usagers Au plus égal à 20%
8- NOMBRE DE PARTS MAXIMUM DETENUES PAR UN MEME MEMBRE**détention par soi-même ou par personne interposée Eviter que l’EMF ne soit contrôlé par quelques membres qui imposent leur loi aux autres Au plus égal à 20% des parts sociales
9- COUVERTURE DES CREDITS PAR LES RESSOURCES DISPONIBLESEn cours (crédits nets -crédits adossés*)

Fonds propres nets+dépôts des membres – immobilisations nettes

* crédit bénéficiant d’une garantie financière (exp. bon de caisse, caution d’une institution financière…)

Eviter de trop engager les dépôts des clients Au plus égal à 70%
10- RECOURS AUX LIGNES DE FINANCEMENT*Ressources propres

Lignes de financement

* accords de prêts avec les organismes extérieurs à l’EMF

Assurer une plus grande autonomie de l’EMF Au moins égal à 50%

____________________________________
(1) Les dépôts à court terme croissent beaucoup plus vite que les dépôts à long terme.
(2) Le Fonds de Garantie Interbancaire (Fonds GARI) est créé depuis décembre 1994 pour faciliter l’accès des PME de la CEDEAO aux prêts à long et moyen terme. Il s’agit d’un organisme à vocation sous-régionale avec un capital initial de 8,6 milliards de FCFA (porté à 12,9 en 1998) détenu par les Etats, les banques et les bailleurs de fonds (Mancolan, 1998).
(3) C’est déjà le cas dans la plupart des grandes économies dont les services financiers postaux s’investissent dans les deux axes de l’intermédiation financière, à savoir l’épargne et le crédit.
(4) De nombreux auteurs préfèrent le terme de  » désintermédiation » pour caractériser l’absence d’intermédiaire entre les investisseurs ou épargnants et les entreprises. On peut contester cette position puisqu’à aucun moment, les épargnants ne rencontrent les entreprises, les transactions s’effectuant obligatoirement par le biais des PSI.