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La gestion du risque et rentabilité bancaire

« … métiers bancaires, qu’il s’agisse des activités des banques commerciales ou des activités des banques de marches sont générateurs des risques varies, lesquels sont aujourd’hui particulièrement aigus, en raison des transformations qui ont affecté l’économie financière : … »

REPUBLIQUE TUNISIENNE
MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
UNIVERSITE INTERNATIONALE DE TUNIS

MEMOIRE DE FIN D’ETUDES

Pour l’obtention du Diplôme de Maîtrise en Finance

THEME :

La gestion de risque et rentabilité bancaire

Sous la direction de :
Mr: CHEBBI MED RAFAA

Elaboré par :
Mr: ABDERAHIM AHMAT

Année universitaire:
2009 / 2010

REMERCIEMENT :
Je tiens à remercier tous ceux qui ont concourus de près ou de loin à la réalisation de ce mémoire.

Avant tout j’aimerais remercier mes chers parents qui ont toujours été là pour moi et qui m’ont donné un magnifique modèle de labeur et de persévérance j’espère qu’ils trouveront dans ce travail toute ma reconnaissance toute mon amour leur réconfort tout au long de mes années universitaires à l’UIT.

Je suis très reconnaissant à Monsieur CHEBBI MED RAFAA, mon directeur de mémoire pour les conseils qu’il m’a prodigué, et pour le temps qu’il m’a consacré.

A mes chers frères et sœurs : YOUSSOUF AHMAT, MOUSSA AHMAT, ABDERAHMAN AHMAT, SEIDA AHMAT FATIME AHMAT, AICHA AHMAT, HADJARA AHMAT.

A mes meilleurs amis : SALEH MAHAMAT TAHIR, IDRISS ALI ABBO, MOUAZ ROZZI, DJAMAL AHMAT AL NADIF.

INTRODUCTION GENERALE
Les métiers bancaires, qu’il s’agisse des activités des banques commerciales ou des activités des banques de marches sont générateurs des risques varies, lesquels sont aujourd’hui particulièrement aigus, en raison des transformations qui ont affecté l’économie financière :
- concurrence accrue dans des très nombreux secteurs,
- ouverture croissante sur l’extérieur,
- sophistication incessante des produits,
- innovation financière et technologiques, et forte volatilité des variables des marches …

Ainsi, l’environnement économique et financier est devenu de plus en plus source de risque dangereux pour les banques, qui vivent, mais qui peuvent aussi mourir à cause de risque qu’elles ont pris.

En effet, la banque ressemble à une machine de risque. Elle prend des risques, les transformes et les incorpore aux services et aux produits bancaires qu’elle offre.

Mais comment mesurer et améliorer l’efficacité et la rentabilité d’une telle machine dont les risques sont d’avantages perçus comme un alea intangible plutôt qu’un objet se prêtant à mesurer.

D’une manière générale, il n’ya pas d’activité financière, ni économique sans prises de risques. La notion de risque recouvre donc tout événement susceptible d’empêcher un établissement de réaliser ses objectifs ou encore de maximiser ses performances.

Dans le cadre des activités des marchés, on distingue trois grandes catégories de risques :
- le risque de marché : c’est le risque de pertes ou de dévaluation sur les positions prises (courtes ou longues) suite aux fluctuations des marchés. Ce risque concerne toute une gamme d’instrument financiers : obligations, actions, dérives de taux, change matières premières, etc.

- le risque opérationnel: c’est le risque de pertes provenant de processus internes inadéquats ou défaillants (système d’information déficient erreurs humain, fraudes et malveillances), ou événements externes (accidents, incendie inondations) perturbant la réalisation des objectifs de l’établissement (création de valeur).

- le risque de crédit est sans doute, celui auquel ont dû le plus souvent faire face. C’est le plus ancien de tout risque, et dont les procédures de gestion sont classiques et bien connues. C’est sans doute, celles qui sont amenées à se développer le plus, lors de ces prochaines années.

La gestion de risques se développe aujourd’hui très rapidement dans l’univers bancaire.

De multiples facteurs concourent à cette évolution. Les mesures du risque de crédit sur des portefeuilles de prêts ont considérablement progressé, notamment avec la méthode de la VaR (Valu at Risk) qui représente la valeur en risque, transposée de l’univers des marchés à celui du portefeuille bancaire.

Dans la première partie de ce travail, les questions fondamentales auxquelles je vais essayer de répondre sont :
« Comment peut-on évaluer l’effet du risque sur la rentabilité de la banque ? »

Le point de départ de notre démarche consiste à identifier le risque de crédit. Ensuite, nous aborderons la question de sa quantification et de sa mesure. Ceci fera l’objet du premier chapitre.

Une fois le risque de crédit est identifié, nous tâcherons sur la maîtrise de ce risque majeur, tout en essayant de trouver le lien entre ce risque et la rentabilité de la banque. Cette idée sera développée dans le deuxième chapitre.

Chapitre1: Le risque de crédit, un risque d’exploitation majeure dans les établissements financiers
Nous nous intéresserons dans ce premier chapitre, à définir dans un premier temps le risque de crédit et à identifier ses composantes. Puis dans une deuxième partie, nous présenterons les différents modèles existants pour valoriser ce risque spécifique, tout en essayant de mettre en exergue les limites de différents modèles.

Section 1 : le risque de crédit
1.1. Définition et composantes
Le risque de crédit est le risque de pertes consécutives au défaut d’un emprunteur face à ses obligations, ou à la détérioration de sa solidité financière ou de sa situation économique au point de dévaluer la créance que l’établissement de crédit détient sur lui.

On comprend clairement qu’il existe donc deux types de risque de crédit :
- Un risque de défaut : C’est le risque qu’un emprunteur ne soit pas en mesure de faire face à ses engagements de paiement (incapacité d’honorer ses obligations de paiement des intérêts et/ou du principal d’une créance).
- Un risque de dépréciation de la qualité de crédit : Ce risque est dû à la détérioration de la solidité financière de la contrepartie et par conséquent la qualité de la signature.

En face de ce risque crédit, nous sommes en présence de deux natures de débiteur :
De la même manière une contrepartie à un contrat de transfert de risque est une personne qui s’est engagée de supporter le risque de crédit en cas d’événements de défaut et ceci en indemnisant l’autre partie au contrat du montant de la perte.

Ainsi le risque de crédit se compose du :
- Risque de défaut (default Risk) : le débiteur ne peut pas rembourser sa dette.

- Risque de recouvrement : le taux de recouvrement (recovery rate) est fixé à priori. Il permet de calculer le montant récupéré sur l’actif de référence à l’issue de la défaillance. Par exemple, le taux de recouvrement est de 40%, le vendeur devra verser à l’acheteur de protection 60% du nominal s’il y a défaillance de la part du sous-jacent.

- Le risque de dégradation de la qualité du crédit par le marché : le risque se traduit par la hausse de la prime de risque appelée la marge de crédit (credit spread). La marge de crédit correspond à l’écart entre le rendement (the yield) exigé par le créancier et le taux sans risque. Plus l’emprunteur est risqué, plus le crédit spread est élevé, moins les instruments de dette de l’emprunteur ont de la valeur. Le taux sans risque est définit comme le rendement des titres de dette d’états tels que la Tunisie (BTA)3(), la France (OAT)4(), les Etats-Unis (T-Bonds). La dégradation de la qualité du crédit peut être également illustrée par le changement de note (rating) de l’emprunteur de la part d’une agence de notation telle que Moody’s et Standard&Poor’s.

Le risque de crédit est présent dans toutes les transactions qui ne sont pas réglées immédiatement à 100%.

Parmi les produits dérivés, les dérivés de crédit s’utilisent sur une gamme plus large que les dérivés de taux d’intérêt ou les dérivés sur actions dans la mesure où ils concernent la gestion du risque associé aux dettes bancaires et obligataires des entreprises.

Pour un prêt bancaire, l’exposition au risque de crédit est égale au montant utilisé (outstanding) par l’emprunteur majoré par les intérêts courus. Pour les produits dérivés, l’exposition au risque de crédit dépend de la valeur de marché de la position (mark-to-market), le coût de remplacement du contrat dans les conditions du marché au moment d’évaluation.

Si la valeur du contrat est positive, elle correspond au risque de crédit. Cependant, pour avoir le risque total de la position, il faut lui ajouter un coefficient de majoration (add -on).

Si la valeur du contrat est négative, l’exposition se calcule avec la probabilité que cette valeur devienne positive avant l’échéance du contrat.

SOMMAIRE :
Introduction générale
Chapitre1 : Le risque de crédit, un risque d’exploitation majeure dans les établissements financiers
Section 1 : le risque de crédit
1.1. Définition et composantes
1.2. Approche du risque de crédit
Section 2 : les différents modèles d’évaluation
2.1. Les différentes options proposées par le Bâle II
2.2. Les modèles basés sur la VaR
2.2.1. La VaR appliquée au risque de crédit
2.2.2. Le modèle Crédit Metrics de JP Morgan
2.3. La volatilité de la valeur de chaque instrument en fonction des migrations :
2.3.1. Les corrélations entre les différents instruments permettent d’évaluer la volatilité de la valeur du portefeuille
2.4. Les résultats du modèle
2.4.1. Nécessité d’un rating externe et interne
2.4.1.1. Les agences de notation financière
2.4.1.2. Le rating externe
2.4.1.3. Le rating interne
2.4.2. L’analyse discriminante ou scoring
2.5. Formule d’Altman
2.5.1. Formule d’Altman
2.5.2. L’analyse financière classique
2.5.3. Les modèles complémentaires d’évaluation
2.6. Le risque systémique
2.6.1. Le risque systémique est déterminé par les variables macro-économiques
2.7. Le type de modèle nécessaire
2.7.1. Le type de modèle
2.7.2. Les données requises par ce modèle sont les suivantes
2.7.3. Le modèle
2.8. Le risque de concentration
2.8.1. Les faiblesses de la modélisation du risque de crédit
Chapitre 2 : Le risque de crédit, sa maîtrise, et son impact sur la rentabilité bancaire
Section 1 : La maîtrise du risque de crédit dans la banque
1.1. La gestion d’un portefeuille de crédit
1.1.1. Mesure d’une performance ajustée pour le risque de crédit
1.1.2. La mesure de l’effet de diversification sur un portefeuille de crédit
1.1.3. L’allocation des fonds propres globaux
1.1.4. La réallocation de limites
1.2. Le transfert du risque de crédit : Les dérivés de crédit
1.2.1. Définitions
1.2.1.1. Un dérive de crédits
1.2.1.2. Evènement de crédit
1.2.2. L’utilisation des dérivés de crédit
1.2.3. Un outil puissant dans la gestion du risque de crédit
1.2.4. La gestion bancaire du risque de crédit
1.2.5. La gestion du capital réglementaire des banques
1.2.6. La gestion des portefeuilles d’investissement
1.2.7. Des stratégies d’augmentation des rendements
1.3. Intérêts spécifiques des dérivés de crédit
1.4. Optimiser les contraintes réglementaires
1.4.1. Traitement prudentiel
1.4.2. La politique d’investissement
1.5. Améliorer la rentabilité des fonds propres
Section 2 : le risque de crédit quel impact sur la rentabilité bancaire ?
2.1. Les déterminants de la performance bancaire
2.1.1. Les opérations interbancaires
2.1.2. Les opérations avec la clientèle
2.2. Les opérations sur titres
2.2.1. Les valeurs immobilisées
2.3. Les opérations extra-bilancielles
2.3.1. Les principaux résultats de l’activité bancaire
2.3.1.1. Le produit net bancaire PNB
2.3.1.2. Les résultats : bruts d’exploitation, courant avant impôt, net
2.4. Le ratio de liquidités
2.4.1. Le ratio de solvabilité (ou Cooke)
2.4.1.1. Le coefficient de division des risques
2.4.1.2. Le coefficient de fonds propres et de ressources permanentes
2.5. Mesure de l’impact de la fonction de crédit sur la rentabilité bancaire
2.5.1. L’indice de risque dans les banques
CONCLUSION
Chapitre3 : Analyses empiriques de la performance des banques tunisiennes en matière de gestion du risque de crédit et de son impact sur la rentabilité bancaire : Cas des banques de TUNISIENNES
Section 1 La Banque de Tunisie, leader des banques tunisiennes en matière de gestion du risque de crédit et de profitabilité des fonds propres.
1.1. La place du crédit dans l’activité de la BT
1.1.1. Les crédits à la clientèle
1.1.2. L’importance du crédit dans l’activité de la BT
1.1.3. La position nette de la clientèle
1. 2. L’impact du crédit sur la rentabilité de la BT
1.2.1. Evolution des commissions de gestion des crédits
1.2.2. Accroissement du rendement annuel moyen des crédits
1.3. La BT est en parfait respect des normes prudentielles en matière de gestion du risque de crédit
1.3.1. Le ratio de couverture des risques (RCR)
1.3.2. Le ratio de liquidité
1.3.3. Le ratio de solvabilité
1.4. La rentabilité de la BT
1.4.1. Le produit Net Bancaire « PNB »
1.4.2. Le renforcement des fonds propres de la BT
1.5. Ratio de rentabilité des fonds propres « RoE »
1.6. Ratio de rentabilité des actifs «RoA »
Section 2 : Evolution du ratio de couverture des risques et son impact sur la rentabilité des établissements financiers, cas des banques de tunisiennes
2.1. Les ratios d’exploitation
2.1.2. Le ratio de rentabilité économique RoA
2.1.3. Le ratio de rentabilité financière RoE
2.2. Le ratio de couverture des risques (RCR) ou ratio Cook
Conclusion générale
Abréviation
Bibliographie

1.2. Approche du risque de crédit
Face à un paysage financier en perpétuel changement, profondément marqué par une multitude d’événements majeurs, le risque de crédit n’a cessé d’augmenter ces dernières années. Le secteur bancaire de part ses fonctions d’intermédiation et gestion d’actifs à été l’un des premiers à être touché par ce fléau.

C’est ainsi, que la gestion des risques est devenue un besoin d’adaptation récurrent et même une question de survie pour tous les utilisateurs de risque.

Les établissements de crédit doivent en permanence faire preuve de rigueur et prudence à l’égard de leur approche du risque de crédit ce qui constitue l’une des valeurs intrinsèques de la gestion des risques. En effet, il n’est pas insolite en matière d’octroi de crédit de voir certains préteurs suivre aveuglement les dernières tendances à l’égard des secteurs ou des produits, pas plus que de les voir modifier leurs critères d’affectation en fonction de la croissance ou du ralentissement de l’économie.

Nul ne doute que ces prêteurs qui sont enclins à délier les cordons de la bourse de manière excessive en période de prospérité doivent bien souvent les resserrer lorsque l’économie ralentit et la qualité de leurs portefeuilles de prêts se trouve dégradée.

Toutefois, ces pratiques peuvent être au mieux déstabilisante et au pire désastreuse. C’est pourquoi, les demandes de crédit doivent sans équivoque faire l’objet d’une analyse minutieuse. Les décisions sont prises et rendues en toute transparence par des experts en risque de crédit, parfaitement compétents, s’appuyant sur des normes et des méthodes éprouvées. La constance en matière d’octroi de crédit doit être l’une des priorités des préteurs que ce soit en période de prospérité qu’en période de crise.